Michèle Baussant
Pieds-noirs. Mémoires d’exils

 
 
Chaque année, le jour de l’Ascension, plusieurs dizaines de milliers de pieds-noirs de confession chrétienne, mais aussi musulmane et juive, se rejoignent pour un pèlerinage au sanctuaire de Notre-Dame-de-Santa-Cruz à Nîmes. Cette population hétérogène, venue de diverses régions de France, retrouve là, dans l’effervescence d’une manifestation éphémère, une sociabilité et une identité perdues. Ethnologue et fille de Français d’Algérie, Michèle Baussant a fréquenté et étudié ce curieux « lieu de mémoire », appelé par certains « OranÎmes » car il transpose sur le sol français l’ancien grand pèlerinage à la Vierge d’Oran. Partant de là, elle a remonté le cours d’une mémoire occultée, liée au passé honteux de l’entreprise coloniale et marquée par l’exil. En fait, un double exil: le premier a conduit d’Europe en Algérie, à partir de 1830, une population très diverse de pauvres et de proscrits que l’administration et l’église s’efforcèrent d’unifier; le second, en 1962, a ramené en Métropole les descendants des premiers, perdants malmenés par l’histoire comme leurs aînés. Sur un sujet toujours sensible, soumis aux passions politiques et peu étudié, Michèle Baussant a su trouver cette bonne distance qui permet à la fois l’étude compréhensive et l’analyse critique. Ce livre, remarquablement vivant et documenté, contribue sans complaisance ni préjugés à l’indispensable examen du passé colonial et de ses prolongements dans le présent.
Michèle Baussant a 30 ans, elle est docteur en ethnologie.

Hors collection
Mémoires, thèses et autres travaux publiés par des étudiants du CELAT
Publié par les éditions Stock
2-234-055300-X, 2002
463 pages