Johanne Villeneuve
Le sens de l’intrigue ou La narrativité,
le jeu et l’invention du diable

Si plusieurs spécialistes de la littérature ont défini le rôle de l’intrigue dans le fonctionnement des récits, on ne s’était pas encore intéressé à comprendre la diversité des intrigues, la richesse de leurs occurrences dans la culture et ce que les récits en disent eux-mêmes lorsque, par exemple, des personnages de roman s’interrogent sur les motifs des intrigants. Ce livre propose pareille aventure en remontant à la source de la notion d’intrique ( intricare, intrigo ) et en découvrant comment le goût pour les intrigues s’instaure travers l’histoire de la narrativité et ouvre-t-il un espace de jeu entre la communauté et l’autorité qui la fonde, entre le pouvoir temporel et l’autorité divine ? C’est dans le passage de la figure médiévale du diable aux mentalités de la conspiration que se déploie, dans un premier mouvement, le sens de l’intrigue. Mais c’est aussi à travers ses sources ludiques – l’émergence d’un rire burlesque, le façonnement de l’individu moderne, la liberté de l’intrigant –, ses paradoxes et ses apories que la narrativité se transforme à la faveur des intrigues. Des procédures de l’Inquisition médiévale aux réflexions historiographiques sur le temps, en passant par Aristote, la courtisanerie, De Foe, Dostoïevski, Stevenson, Sabato, Tex Aveny, Antonioni et Hitchcock, le sens de l’intrigue découvre son jeu.

Johanne Villeneuve est professeure au Département d’études littéraires de l’Université du Québec à Montréal. Elle est l’auteure de nombreux article sur la littérature, le cinéma et la mémoire culturelle. Parmi ses publications récentes : un roman paru en 2002 Mémoires du chien , (Montréal, Hurtubise HMH) et la direction d’un ensemble d’essais avec Brian Neville, Waste-Site Stories. The Recycling of Memory (New York, SUNY, 2002).

Hors collection
Mémoires, thèses et autres travaux publiés par des étudiants du CELAT
Publié par Les Presses de l’Université Laval
ISBN: 2-7637-8013-x , 2004
448 pages