Gaëtan Desmarais
La morphogenèse de Paris
des origines à la révolution
On pense généralement que Paris est né dans l’île de la Cité et qu’il s’est développé, depuis deux millénaires, en repoussant toujours plus loin sa périphérie. On considère aussi que cette croissance radio-concentrique s’est matérialisée par une agglomération de formes construites entourées par des enceintes successives. Pourtant, dans les faits, les formes de Paris ne sont pas celles d’un centre plein et homogène. Des lignes de force organisent et différencient son espace : un axe positif rehausse la direction est-ouest monumentalisée par des places et des palais qui ponctuent des quartiers luxueux; un axe négatif creuse la direction nord-sud concrétisée par des quartiers et des faubourgs plus modestes. Ces axes génériques se croisent au cœur de Paris. Ils configurent un seuil : un  » effet col  » qui regroupe dans un même voisinage les deux massifs du Palais royal et de la Cathédrale gothique sur l’île de la Cité, ainsi que les deux sites attractifs des Halles et du Quartier latin de part et d’autre de la Seine.

À travers une analyse entièrement renouvelée de la géographie historique de Paris, l’auteur reconstitue la genèse de l’organisation spatiale de cette ville, depuis ses origines celtiques et gallo-romaines jusqu’à la Révolution française. Utilisant les ressources d’une théorie structurale de la forme urbaine qu’il approfondit en y intégrant une double dimension morphodynamique et sémiotique, il met en lumière non seulement la complexité des processus d’appropriation territoriale qui ont engendré les formes de Paris, mais également la subtilité des significations anthropologiques et politiques que cette genèse a impliqué. Il en arrive à proposer un ouvrage inédit en géographie humaine qui insiste sur la nécessité d’introduire un tiers terme morphologique pour comprendre l’émergence des structures sociales à partir de la spatialité dans laquelle elles s’incarnent.

Gaëtan Desmarais est docteur en aménagement de l’Université de Montréal. Il est aussi titulaire d’un doctorat en sciences du langage de l’École des Hautes Études en Sciences Sociales. Longtemps membre de l’équipe d’épistémologie des modèles de l’EHESS, il est actuellement rattaché à l’équipe d’analyse structurale et morphologique du cadre bâti de l’Université Laval, Québec.

Hors collection
Autres ouvrages publiés par des chercheurs du CELAT
Publié aux Éditions L’Harmattan, collection  » Géographies en liberté  »
ISBN 2-7384-3485-1, 1996
275 pages, 15 $