Sous la direction de
Luc Noppen, Lucie K. Morisset et Robert Caron
La Conservation des églises
dans les villes-centres
En Amérique du Nord, la migration des populations vers la banlieue met en question l’avenir des quartiers centraux. Les églises, qui s’y trouvent nombreuses, sont particulièrement affectées par cet exode, qu’accentue le déclin généralisé de la pratique religieuse institutionnelle. Les monuments de foi balisent les paysages urbains; mais le groupe restreint de leurs usagers traditionnels, qui appartiennent souvent aux classes sociales les moins favorisées, ne peut plus les supporter seul encore longtemps.

De fait, par-delà les cas ponctuels que l’on a vu résolus, à la pièce, via quelque reconversion, le futur des lieux de culte, interpellant les collectivités, suscite plusieurs interrogations qu’il convient d’évaluer dans une plus large perspective. La diversité des acteurs et la divergence de leurs objectifs, notamment, exigent que l’on considère l’avenir des biens d’Église en amont de chacune des églises prises individuellement. Ainsi, alors que la conjoncture économique suggère un regroupement des paroisses, discriminant certains lieux de culte, la reconnaissance de la valeur monumentale de plusieurs églises, d’un autre point de vue, en appelle à leur préservation; est-il possible d’allier la rationalisation de l’exercice du culte et un programme de conservation des bâtiments d’intérêt patrimonial ?

Tous en conviennent : les églises, lieux de culte, sont aussi des monuments civiques en fonction desquels la ville s’est structurée. Cependant, cet apport déterminant de leur architecture ne saurait être dissocié du rôle des églises comme porteuses de mémoire, comme foyers de communautés qui continuent d’y tenir leurs activités. Qui, donc, doit prendre charge de ces monuments ? La collectivité peut-elle rester indifférente à leur destin ?

Hors collection
Collectifs dirigés par des chercheurs du CELAT
Publié au éditions du Septentrion
ISBN 2-89448-098-9, 1997
Non disponible au CELAT