Martine Roberge
L’art de faire peur :
des récits légendaires
aux films d’horreur
L’émotion ou le sentiment de peur sont inscrits dans la culture, dans le temps et dans l’espace. En dehors de ces variables, la peur n’existe pas. elle prend plusieurs formes, révèle des états diversifiés et porte sur des objets multiples ; elle est en quelque sorte prise en charge par l’activité langagière et est tangible par son expression dans le discours.
Parmi tous les modes d’expression de la peur, les récits de tradition orale comme le conte, la légende, la rumeur sont un véhicule important de représentations reliées à cette émotion. Pour l’homme contemporain, le cinéma d’horreur constitue une autre forme de récit par lequel s’exprime le sentiment de peur.

Cette étude vise principalement à découvrir la finalité et le rôle des récits qui portent sur le thème de la peur. Elle tente de faire ressortir quelles sont ces représentations que l’on associe à la peur et d’expliquer ce potentiel symbolique qu’elles ont de faire peur. D’abord, un inventaire des représentations de la peur, effectué à partir de répertoires et de classifications des récits, permet d’établir une typologie des motifs, des thèmes et des images les plus récurrents. L’analyse révèle des structures archétypales de la peur, structures formalisées en systèmes binaires. L’examen du potentiel symbolique des représentations dans leur rapport à la narrativité fait apparaître le mode d’organisation de la mise en récits des peurs par un modèle fondé sur l’ambiguïté entre trois paradigmes : le Réel, l’Imaginaire et le Possible. L’étude du fonctionnement des récits permet ainsi de saisir leur rôle social et d’établir les fonctions les plus importantes de ces récits.

Hors collection
Autres ouvrages publiés par des chercheurs du CELAT
Publié par Les Presses de l’Université Laval
ISBN: 2-7637-8198-5, 2004
233 pages