Textes sélectionnés et réunis par
Justin K. Bisanswa et Michel Tétu
Francophonie en Amérique.
Quatre siècles d’échanges Europe-Afrique-Amérique
La francophonie est un corps historique. Dans un certain sens, la francophonie est contemporaine du corps esclavagiste ou colonial que raconte la mémoire. Si, donc, nous voulons vivre ensemble, nous devons oublier que la francophonie est un corps historique, nous devons nous jeter dans l’illusion que la francophonie est contemporaine des jeunes corps présents. Périodiquement, la francophonie doit renaître, se faire plus jeune qu’elle n’est. Dans cette francophonie que nous concevons, les rapports de castes, de hiérarchies entre les pays, les locuteurs, doivent être contestés, et les locuteurs francophones doivent être perçus comme partenaires dans une oeuvre commune de production de la langue française. En ce sens, la francophonie permet de croire à l’utopie de « devenir-société de la société».

Écrites à l’occasion du colloque organisé à Québec, du 26 au 29 mai 2003, par L’Année francophone internationale, ces réflexions montrent que la conscience identitaire du francophone est une conscience hybride. Peut-être est-il de la nature de l’histoire de n’être rien de défini tant qu’elle est au présent, de ne devenir tout à fait réelle qu’une fois offerte en spectacle à une postérité qui fait le bilan? Peut-être est-ce la définition de l’histoire de n’exister tout à fait que par ce qui vient après, d’être en ce sens suspendue au futur?

Hors collection
Autres ouvrages publiés par des chercheurs du CELAT
Les Étidions CIDEF-AFI
ISBN 2-922876-08-X
2005, 288 pages