Sous la direction de
Marie-Hélène Larochelle
MONSTRES ET MONSTRUEUX LITTÉRAIRES
C’est le pari qu’ont fait les valeureux auteurs de cet ouvrage dont la tâche consiste à traquer la bête effrayante sur un terrain de chasse particulier : celui du littéraire. La quête ici participe à la multiplication des monstres qui apparaissent désormais un peu partout entre les lignes.

Que ce soit en tant que procédé ou en tant que métaphore de l’écriture, le monstrueux anime tout un pan de la littérature. On comprend que ce système d’excès fait du monstre la manifestation d’infinis possibles, ce que la littérature voit comme une force et une contrainte à l’origine de l’inspiration.

Les études réunies dans ce volume déterminent la spécificité des œuvres qui naissent de cette influence. Car, définir le monstre, c’est aussi définir la communauté de normes dans laquelle il s’insère. Si l’anomalie est le premier degré de l’écart, celui de l’altération de la norme, l’énormité, en est le second, puisqu’il suppose l’émergence d’une autre norme engendrée par la naissance d’une entité é-norme. En effet, parce qu’il se présente comme un écart, le monstre réfléchit la norme, étant entendu qu’il la projette et la pense. Métaphoriquement, le monstre (monstrum), c’est l’écriture qui montre et se montre, qui attire l’attention. Cette représentation, cette (démon)stration, trouve en la littérature un terrain d’accueil unique dans la mesure où l’œuvre permet au monstre de laisser une marque, de rendre ostentatoire son passage ou son existence.

Presses de l’Université Laval
ISBN 978-2-7637-8490-7, 2008
243 pages