Annie Laliberté
Docteure en anthropologie du CÉLAT
Le journalisme entre guerre et paix au Rwanda
La condamnation pour incitation au génocide d’éditeurs et d’animateurs qui s’affichaient comme journalistes par le Tribunal pénal international pour le Rwanda, une première dans l’histoire des médias, a été le catalyseur d’un vaste mouvement international de rehaussement des compétences des journalistes en zone de conflit. Depuis 15 ans, des coopérants, souvent des journalistes chevronnés, se donnent pour but de rebâtir des médias de qualité au Rwanda, en donnant des formations et en appuyant le développement d’une législation de la presse. De manière paradoxale, ce mouvement de construction de paix par le journalisme coïncide avec une répression politique grandissante envers les journalistes locaux. Un journalisme de « paix » peut-il vraiment se substituer à un journalisme de « guerre »?

Cet ouvrage d’anthropologie entend apporter une modeste contribution à l’étude des formes contemporaines de la violence et des conflits. En plus de cet apport théorique, l’auteure tente de développer une méthode d’écriture pouvant s’adapter aux effets de violence et d’autoritarisme déployés sur le terrain, et qui obligent l’être humain à une coupure drastique avec son environnement. Enfin, sur le plan empirique, elle insiste sur la pertinence d’allier l’observation de l’expérience immédiate de la coopération dite « postconflictuelle » à une généalogie des conflits qui ont inspiré cette forme de coopération.

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Hors collection
Publié par les Presses de l’Université Laval
ISBN : 978-2-7637-9059-6
360p