Programmation scientifique 2017-2023

Comprendre et éclairer les processus de pluralisation

Les recherches du Centre ont été ramenées vers une question centrale : quels sont les processus par lesquels la société québécoise se pluralise, comment opèrent-ils, et, plus fondamentalement encore, quels sont les moteurs et les enjeux de cette mutation sociohistorique ? Plusieurs facteurs ont amené les chercheurs du CELAT à se recentrer sur ces questions : 1-l’accélération que connaît actuellement la pluralisation et la multiplicité des formes qu’elle adopte ; 2- l’importance des tensions sociales et l’acuité des débats publics qui sont liés à la pluralisation sous différentes formes ; 3- le potentiel de violence que représentent les différents mouvements de radicalisation idéologique ou religieuse, qui apparaissent comme des réactions ou des formes de résistance à la pluralisation ; 4-l’augmentation des demandes sociales de reconnaissance adressées aux institutions publiques et les défis éthiques, économiques et politiques que représente la prise en compte des spécificités d’un nombre croissant d’individus et de groupes.

Le mouvement de pluralisation auquel on assiste actuellement au Québec comme ailleurs dans le monde se trouve au cœur des tensions sociales et des transformations que connaissent nos sociétés. Éclairer et comprendre ce qui est en jeu dans cette pluralisation, les mécanismes et les processus à la faveur desquels elle se développe, les réactions qu’elle suscite et les effets qu’elle entraine nous apparait particulièrement important. La diversité qui est en cause s’étend bien au-delà des seules différences ethniques ou religieuses : elle concerne également les conditions physiques et de santé des individus, leur langue, leur orientation sexuelle et leur identité de genre, les formes de vie qu’ils adoptent ou sont contraints d’adopter en lien avec les valeurs ou les croyances qui sont les leurs (et qui ne sont pas nécessairement de l’ordre du religieux), les visions du monde qui découlent de leur situation ou de leur expérience et, bien sûr, leur culture et leurs appartenances. Cette pluralisation — qui est tantôt vécue, tantôt imposée, tantôt encouragée — s’inscrit dans le contexte d’une lente et profonde transformation des valeurs et sensibilités en vertu de laquelle se multiplient les points de vue ou les savoirs considérés comme dignes d’être entendus, respectés ou pris en compte, alors que les hiérarchies et frontières entre savant et profane s’effritent (Rieffel 2014, Flichy 2010) et que le présupposé de l’égalité des intelligences (Rancière 2004) commande de plus en plus qu’on traite comme recevable et digne d’intérêt le point de vue de personnes ou de groupes qui se trouvent en marge des espaces classiques de production des savoirs légitimes. Ces transformations, qui coïncident notamment avec le développement des communications numériques et l’accroissement des déplacements de personnes et de biens, résonnent avec la lente, mais constante montée des valeurs démocratiques (à ne pas confondre avec la mise en œuvre de la démocratie représentative, laquelle à l’inverse ne va pas sans poser de problèmes [Dardot et Laval 2016]), valeurs auxquelles nos contemporains sont profondément attachés (Rancière 2005, Ogien et Laugier 2014, Rosanvallon 2014, Dardot et Laval 2014). Ces changements coïncident également avec l’intensification de l’individualisation des rapports sociaux et l’avènement d’une société singulariste, qui se déploie alors qu’on passe d’un monde dans lequel ce sont d’abord les individus qui cherchent à se distinguer à un monde dans lequel on attend désormais des institutions qu’elles renoncent à traiter les individus de façon uniforme et qu’elles reconnaissent les singularités individuelles et en tiennent compte (Martuccelli 2010).

Si le constat de la pluralisation croissante de nos sociétés n’est plus à faire et s’il est également clair que les différents mouvements de radicalisation idéologique, qui prônent le retour à une forme de vie unique et homogène et la défense de celle-ci, sont des réactions à cette pluralisation, on comprend encore mal l’ensemble des processus et facteurs en cause, la manière dont ils s’articulent et les contextes qui favorisent la pluralisation ou au contraire la freinent. La mondialisation et le développement des transports et des communications contribuent certes de façon importante et au moins depuis le début de la modernité à l’hétérogénéisation de nos sociétés. De même, alors que le développement de l’État providence a pu contribuer à l’expression du particularisme de certains groupes, hier encore soutenus par la mise en place d’un filet social, le développement du néolibéralisme donne lieu aujourd’hui à des crispations identitaires qui sont en partie explicables par la compétition pour le filet social devenu bien mince. Il va sans dire que ces facteurs, avec toutes les mutations qu’entrainent les communications numériques, la mondialisation de l’économie et les transformations du capitalisme avancé, jouent un rôle de premier plan dans l’intensification récente de la pluralisation, mais d’autres éléments sont également en cause. En effet, les recherches des historiens et des archéologues montrent bien que, pour plus importante qu’elle soit aujourd’hui, la pluralité comme donnée objective n’est pas neuve et que c’est aussi la conscience de la pluralité qui s’est développée et continue de croitre. Comment s’opère cette transformation des valeurs, des représentations et des sensibilités qui témoigne d’une conscience plus grande de la pluralité ou qui la favorise ? Par quelle voie et de quelle façon cette idéologie qu’est le pluralisme se répand-elle et donne-t-elle lieu à une transformation des pratiques et des interactions ? De quelle manière les institutions publiques qui mettent en pratique la reconnaissance de spécificités contribuent-elles à la pluralisation ? Quelles sont les stratégies mises en œuvre par des individus et des groupes pour faire entendre leur voix et se faire reconnaître et avec quels effets ? On peut en outre s’interroger à savoir quelles sont les lames de fond qui portent cette mutation sociohistorique et relient ensemble des phénomènes en apparence indépendants les uns des autres, de même que sur les éléments de contexte qui expliquent que la pluralisation débouche tantôt sur des réactions de fermeture, de marginalisation et de radicalisation et tantôt à l’inverse sur l’adhésion à l’idéologie pluraliste. Toutes ces questions découlent de la thématique générale du CELAT et sont au cœur des recherches et expérimentations des chercheurs du centre.

Ces questions s’inscrivent, au Québec, sur des terrains concrets de la vie sociale et dans les divers espaces et institutions de la culture. La pluralisation est étudiée par les chercheurs du CELAT dans des travaux empiriques in situ, à partir de corpus originaux ou d’expérimentation qui combinent recherche, action et création. Ces démarches seront menées sur différents terrains et en lien avec différentes dimensions plus spécifiques de la vie sociale, notamment le patrimoine et l’architecture (Bergeron, Carter, Grignon, Morisset, Noppen, Turgeon), l’interculturalité et l’immigration (Fall, Li, Saillant, White, Leanza), la santé (Boukala, Leanza, Mekki-Berrada), l’histoire (Auger, Bain, Li, Grignon, Létourneau) le droit (Saillant, Guèvremont), le tourisme (Mercier, Saïdi, Turgeon), la ville (Bédard, Boukala, Lévesque, Mercier, Morisset, Noppen, Uhl), la religion (Anctil, Fall, Mekki Berrada), l’art (Bédard, Camelo-Suarez, Gérin, La Chance, Lamoureux, Quéinnec), les sites archéologiques (Bain, Auger), l’imaginaire (Harel, La Chance, Létourneau, Uhl), l’usage des communications numériques (Boukala, Pastinelli) et la muséologie (Bergeron, Dubé). Chacun de ces domaines, cités ici à titre d’exemple, constitue l’un des contextes dans lesquels se donnent à voir de façon tangible et concrète la pluralisation, les facteurs qui la favorise ou l’entravent, les effets qu’elle entraine ou les réactions qu’elle provoque. Il nous paraît pressant d’arriver à éclairer et à mieux comprendre ces transformations qui traversent la société québécoise et se traduisent par un profond bouleversement des rapports entretenus avec les identités et les modes de vie. Ces changements concernent autant les individus, leur famille, les communautés que les institutions publiques, et ils affectent et modifient les conditions, les possibilités et les impossibilités du vivre-ensemble. La société québécoise est ici appréhendée à la fois comme un contexte spécifique, dans lequel la pluralisation et les expériences auxquelles elle donne lieu prennent une forme et une couleur particulières, et à la fois comme un cas pouvant tenir lieu de point de référence ou de base de comparaison dans l’étude de ce phénomène qui rejoint et transforme aujourd’hui d’autres sociétés. La mise en œuvre de la programmation du CELAT doit impérativement reposer sur des démarches interdisciplinaires, comparatives et sur l’étude d’une multiplicité de domaines et d’espaces de la vie sociale et de la culture. Cette démarche doit, de plus, s’appuyer fermement sur une perspective historique permettant de saisir la pluralisation dans sa genèse, sa durée et son développement.

La programmation 2017-2023 s’inscrit donc sous le thème des processus de pluralisation. Elle vise à décrire et à comprendre les mécanismes qu’ils mettent en jeu, les multiples facteurs qui les favorisent ou les entravent, les contextes dans lesquels ils se déploient ou rencontrent des mouvements de résistance et de repli sur des formes culturelles homogènes, de même que le rôle que jouent en regard de ceux-ci les institutions publiques et communautaires, les cadres juridiques ou politiques et les discours et les actions des individus ou des groupes. Il ne s’agit pas d’étudier la pluralité en elle-même, ce qui reviendrait à simplement décrire la coexistence de différentes formes de vie et donc à se pencher sur des spécificités identitaires ou culturelles. Il ne s’agit pas non plus d’étudier le pluralisme, c’est-à-dire de s’intéresser à une idéologie valorisant la pluralité comme fait ou d’opter pour des démarches normatives visant à promouvoir cette idéologie ou à définir les bonnes manières de la mettre en pratique. Il s’agit plutôt de comprendre comment nos sociétés se pluralisent, à la faveur de quels mécanismes et avec quels enjeux ; la pluralité étant ici comprise en lien avec l’ensemble des valeurs, croyances, modes de vie, appartenances et des expériences visibles dans l’espace public et non pas uniquement en lien avec les identités ethniques. De plus, nous envisageons la pluralisation autant dans ses dimensions objectives, comme diversification des appartenances, des langages et des modes de vie, que dans ses dimensions subjectives, comme bouleversement des normes, des valeurs, ou des représentations sociales allant dans le sens d’une ouverture vers la diversité et comme mutation du registre de ce qui est visible, audible, reconnaissable ou considéré comme digne d’être pris en considération et intégré à la société dans son ensemble.

Pertinence et précision des ancrages théoriques et méthodologiques

Si les historiens et les sociologues ont depuis longtemps souligné que la modernité se caractérise par une diversification des cultures et formes de vie, la pluralité a le plus souvent été envisagée exclusivement sous l’angle de ses dimensions objectives, comme produit et effet du développement des migrations et des moyens de communication, si bien que le processus de pluralisation a en lui-même peu retenu l’attention. Le pluralisme a pour sa part suscité beaucoup d’intérêt dans le champ de la philosophie politique, donnant lieu à d’importants travaux sur les enjeux de la fragmentation dans les sociétés contemporaines, sur les problèmes d’intégration et de reconnaissance des minorités (Taylor 1992a, 1992b, Honneth 2007, 2015a et 2015b, Fraser 2005, Caillé et Lazzeri 2009) et sur les défis liés à la nécessité de repenser les références nationales et collectives de façon plus inclusive. Mais la pluralité, dans ce contexte, a plutôt été appréhendée comme une donnée à prendre en considération et non pas comme le produit d’un processus toujours en plein développement. Elle a également donné lieu à quantité de travaux empiriques s’intéressant aux spécificités identitaires ou culturelles propres à chaque groupe, aux relations interethniques et plus particulièrement aux rapports entre minorités et majorités, ce qui encore une fois suppose de partir du constat de la pluralité sans se questionner sur la façon dont elle est advenue et se développe. La construction des identités a pour sa part donné lieu et depuis longtemps à d’importants travaux en philosophie et dans l’ensemble des sciences humaines et sociales, lesquels ont permis, au plan théorique, de rompre avec l’essentialisme en mettant au jour la dialectique identité/altérité (voir entre autres Barth 1969, Ricoeur 1990, Taylor 1998, Juteau 1999, Larmore 2004), alors que, au plan empirique, plusieurs auteurs (notamment Gellner 1987, Friedman 1994, Hobsbawm 1992 et 1994, Amselle 2008, Heller 2010) ont éclairé plus spécifiquement la façon dont certains contextes sociohistoriques, notamment postcoloniaux, postcommunistes ou liés à la transition industrielle favorisent la transformation des identités ou l’émergence de nouvelles appartenances. Ces travaux désormais classiques se sont intéressés essentiellement sinon exclusivement aux identités ethno-nationales et étaient pour la plupart centrés sur des contextes sociohistoriques spécifiques et sur les identités et rapports d’altérité propres à ceux-ci.

L’intérêt pour les processus de pluralisation est beaucoup plus récent et résulte de la convergence d’un ensemble de facteurs qui ont contribué à mettre en évidence à la fois la complexité des phénomènes en cause et leur contemporanéité. D’abord, des travaux d’historiens et d’anthropologues ont contribué, au cours de la dernière décennie, à souligner l’existence, dans le passé, d’une diversité objective de cultures et de formes de vie dans des sociétés qui ont longtemps ignoré ou nié leur propre pluralité, se définissant autour des seules références partagées par la majorité ou par le groupe en position de pouvoir (par exemple McMillan et al. 2013, McMahon 2016, Good Gingrich 2016). Ces travaux, de même que ceux menés sur l’histoire de la mondialisation et des migrations, qui redonnent leur profondeur historique à la circulation des personnes et des biens (entre autres O’Rourke et Williamson 1999 et 2002; Hopper 2007), ont clairement montré que c’est sans doute autant la conscience de la pluralité qui s’est développée que la diversité objective des manières de vivre, mettant en évidence l’importance de mieux comprendre la mutation sociale en cause. Par ailleurs, l’intérêt qu’ont suscité les travaux d’Axel Honneth (notamment 2000, 2006, 2013) sur la reconnaissance a récemment contribué au développement d’un intérêt croissant pour les enjeux de visibilité ou d’invisibilité de certains groupes ou catégories sociales, pour les stratégies adoptées par les uns et les autres dans leur lutte pour la reconnaissance et pour le rôle des institutions publiques et des médias dans l’invisibilisation ou la reconnaissance de certaines minorités. De plus, plusieurs des recherches menées ces dernières années sur les rapports entre minorités et majorité et sur le partage des communs dans des contextes marqués par la pluralité suggèrent que ces interactions contribuent à la diversification des formes de vie autant qu’elles sont le produit d’une diversité déjà présente (Petersson et Tyler 2008, Ritzer et Jurgenson 2010, Mc Laughlin et al. 2011, Roy 2012, McMillan et al. 2013, Meissner 2016). Tous ces développements scientifiques militent en faveur d’une programmation de recherche qui étudie de front la pluralisation et l’aborde dans son ensemble, à travers les différentes formes qu’elle prend et en l’étudiant à partir d’un éventail de situations empiriques.

L’originalité et la pertinence de la programmation scientifique proposée résident donc d’abord dans l’objet d’étude lui-même et l’angle adopté, consistant à se pencher sur la façon dont advient et se développe la pluralité et sur les facteurs en cause pour les mettre en lumière au lieu de partir de la pluralité et de la considérer comme un donné. Elle réside de plus dans le fait d’aborder la pluralisation à la fois dans des démarches empiriques s’intéressant à une multiplicité de contextes et à la fois comme une mutation sociohistorique dotée d’une cohérence d’ensemble et d’une certaine unité, que la comparaison de différents terrains et de différents phénomènes permettra de circonscrire. Sur le plan des méthodes mises en œuvre et des approches, la programmation innove en optant pour une interdisciplinarité radicale, qui met en dialogue plus d’une quinzaine de disciplines, et en combinant des démarches de recherche plus classiques avec des méthodes innovantes, notamment en recherche-action, menée en partenariat avec différents organismes ou organisations, et en recherche-création, ouvrant un espace d’exploration et d’expérimentation artistique dans le champ de l’étude de la culture. Cette multiplicité d’approches se prolonge dans la diversité des formats de diffusion des résultats des recherches, qui comprennent autant la publication de monographie et d’articles scientifiques que la production d’œuvres littéraires ou artistiques, la présentation d’expositions, d’œuvres multimédias ou d’événements publics de différente nature, de même que la production de rapports pour des ministères, des ONG ou des organismes comme l’UNESCO. Enfin, la programmation proposée se veut innovante en raison du parti pris épistémologique qui la traverse et qui consiste à adapter les démarches de recherche à l’objet d’étude et au contexte de nos sociétés. En effet, l’une des dimensions essentielles de la pluralisation réside dans la transformation des valeurs et rapports de pouvoir, allant dans le sens de la reconnaissance du savoir que les groupes ou les acteurs possèdent sur eux-mêmes et sur les aspects de leur identité auxquels ils accordent de l’importance. Si cette transformation peut être pensée comme étant avant tout une mutation sociale, qui coïncide avec la montée des valeurs démocratiques et pluralistes, elle rejoint également aujourd’hui l’ensemble de nos disciplines, poussant les chercheurs eux-mêmes à renoncer à leur position de surplomb comme producteurs de savoirs et à reconnaître un rôle plus important aux groupes, aux individus, aux communautés ou aux organisations auprès desquels ils font enquête. Pour fonder une telle posture, on peut ici se référer notamment aux travaux de Jacques Rancière (2004), visant à reconnaître la légitimité de penser et de produire du savoir de chacun, à ceux de Pierre Rosanvallon (2014a et 2014 b) et d’Albert Ogien et Sandra Laugier (2014) sur la démocratie ou encore à ceux d’Armatya Sen (2010 et 2012) et de Martha Nussbaum (2012) sur la façon dont on se réfère à sa culture et à son milieu d’origine pour penser et définir des aspirations légitimes. L’étude des processus de pluralisation implique nécessairement pour les chercheurs du CELAT qui mènent des recherches empiriques de s’engager résolument dans le « tournant vers le public » (Beck et Maida 2015) et d’opter pour des démarches visant la coconstruction des savoirs ou impliquant à tout le moins que le chercheur opte pour une position d’accompagnement des personnes, des communautés ou des institutions dans leur devenir. Il ne s’agit surtout pas, comme chercheurs, de renoncer à jouer un rôle de production de connaissances savantes ou de s’abstenir de poser des questions fondamentales pour s’en tenir plutôt aux préoccupations de ceux qu’on rencontre sur le terrain. Il s’agit plutôt d’opter pour des postures réflexives et de faire le travail de recherche en dialogue constant ou en collaboration avec les personnes ou les groupes qui en sont l’objet, de les intégrer à nos démarches de façon innovante, afin d’utiliser, lorsque possible, le temps et le contexte de l’enquête ou des interventions que nous faisons sur le terrain comme des espaces d’accompagnement des personnes et des collectivités dans leur devenir, leur rapport aux institutions et à l’ensemble de la société. Il s’agit en outre de reconnaître leur agentivité, de la favoriser lorsque c’est possible et, lorsque c’est pertinent, de faire du travail de recherche un outil de médiation entre les communautés et les institutions. De même, sans opter pour une posture normative visant à faire la promotion du pluralisme comme idéologie, la programmation du CELAT, qui aborde la pluralisation comme phénomène à connaître et à comprendre, donne aux chercheurs du Centre une vision particulièrement riche et pertinente pour éclairer et guider au besoin les décideurs et les organismes publics ou communautaires dans leurs actions, en lien avec les enjeux de la pluralisation.

 

Madeleine Pastinelli

Directrice du CELAT