Midi-causerie à l’UQAM avec Sofia Bouratsis

Vous êtes cordialement invités à venir assister au dernier midi-causerie de la session à l’UQAM. Ce troisième midi-causerie du cycle « Art, politique et espace public », organisé en collaboration avec le Département d’histoire de l’art, accueillera Sofia Bouratsis, postdoctorante en sociologie au CÉLAT, pour une conférence intitulée :

Esthétiques de la crise grecque : carnets des rues

Jeudi 1er décembre 2016
12h30 à 13h45
UQAM – Local DC-2300

Résumé : 

La Grèce traverse une crise – sociale, politique, économique – totale  depuis 2008.  Quand la démocratie est constamment remise en question et quand les fondements sur lesquels une société a été construite s’effondrent, il y a rage. Cette rage, qui est partagée par toutes les classes sociales et tous les âges, a éclaté en 2008 quand un policier tua Alexis Grigoropoulos, jeune manifestant de seize ans dans le quartier d’Athènes Exarchia. Depuis, ce quartier central de la ville déjà libertaire à l’époque, a été recouvert de graffitis et de slogans. Il ne reste pas un mur blanc : « ça suffit », « maman j’ai faim », « l’action remplace les larmes », « heure zéro », « philosophie dans les rues » et autres expressions politiques, érotiques, humoristiques et philosophiques recouvrent chaque jour les murs en exprimant les rêves, les espoirs fragiles, et les questionnements d’un quartier, d’une ville et d’un pays qui depuis huit ans vivent dans des conditions de violence socioéconomique, humaine et politique sans précédent. La presse internationale, dont le New York Times, a ainsi qualifié Athènes de « capitale mondiale du graffiti ». En effet, s’il y a une image, une « esthétique de la crise grecque », celle-ci ne peut être dissociée des rues et de l’espace public qui est recouvert de mots, de rage et de rêves citoyens, comme un carnet à la fois intime et public.

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