Figurer les personnes migrantes. Nouveaux imaginaires, subjectivités nouvelles – Midi-causerie avec Khalil Khalsi

Le CELAT-UQAM est heureux de recevoir le stagiaire postdoctoral Khalil Khalsi pour une causerie intitulée

Figurer les personnes migrantes. Nouveaux imaginaires, subjectivités nouvelles

Le mercredi 9 décembre 2020, de 12h30 à 14h.

En ligne via Zoom.

Inscriptions : celat@uqam.ca

Résumé : La crise migratoire actuelle se pose de plus en plus comme le pendant de la crise des États-nations. De fait, elle interroge la validité de l’armature conceptuelle censée maintenir l’intégrité des pays, dont notamment les notions de frontière, d’altérité et d’hospitalité. Les humanités, de leur côté, peinent à remettre en question les anciennes catégories d’analyse pour comprendre et réagir adéquatement à ce qui se joue par-delà les images de corps indifférenciés se précipitant sur l’Europe. Cette conférence propose justement d’adopter l’angle de la représentation afin de comprendre ce à quoi renvoie la figure de la personne migrante, la complexité des configurations politiques et médiatiques qui y travaillent, ainsi que la nécessité, à l’interface du réel et de l’imaginaire, de parvenir à une définition féconde d’une telle figure. Il s’agira enfin, à partir d’un corpus intermédial (fiction, documentaire, jeu-vidéo), de s’interroger sur la possibilité de poser une définition hospitalière des représentations de la migration, ainsi que de l’éventuelle capacité de ces écritures à faire surgir des subjectivités migrantes agentives. 

Khalil Khalsi est docteur en Littérature comparée de l’Université de Montréal et de La Sorbonne Nouvelle (Paris-3). Il a été journaliste culturel à Tunis avant de travailler comme consultant auprès de l’UNESCO à Paris. Dans sa thèse de doctorat, consacrée à l’étude de romans de Sadegh Hedayat, Ibrahim al-Koni et Antoine Volodine, il défend la possibilité de concevoir l’entre-deux du rêve et de la veille comme un médium à travers lequel le personnage négocie son rapport au monde et son individualité, notamment en contexte d’apocalypse culturelle. Dans ses recherches postdoctorales, il développe deux problématiques parallèles mais concomitantes, qui posent la nécessité de reconcevoir nos ontologies pour se relier différemment à l’autre, qu’il soit humain ou non-humain  : d’un côté, les subjectivités autres qu’humaines et la manière dont la création, notamment littéraire, est à même de faire émerger de nouveaux agencements cosmologiques ; de l’autre, et face à la crise migratoire actuelle, une refondation épistémologique du rapport à la subjectivité migrante dans la littérature et les arts.