Conférence – Jhon Picard Byron

 

Jhon Picard Byron est professeur à l’Université d’État d’Haïti (UEH)

 
 
 
 
Vendredi, 28 mars de 15h à 16h30
Salle du CÉLAT, DKN-5172, Université Laval
L’ethnologie haïtienne, la « contre-écriture » et l’anthropologie critique

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Affiche de la conférence

Dans les années 1980, à travers ses textes-phares (Marcus & Clifford, 1986; Fabian, 1983), l’anthropologie critique américaine a su bien saisir la « contre-écriture » (against writing, talking back) dans ses moments d’ébullition. Elle reconnaîtra certaines de ses premières formes et posera la nécessité de son développement face à l’anthropologie, « science coloniale » par excellence, et ce notamment dans l’œuvre d’Aimé Césaire, Cahier d’un retour au pays natal, écrit en 1939 (Clifford, 1996 : 253). Or, sur l’ethnologie haïtienne, c’est le silence total. Chez James Clifford, nulle référence n’est faite à Ainsi parla l’oncle (Price-Mars, 1928) publié plus de dix ans avant la parution du Cahier de Césaire, ni aux pionniers de l’anthropologie haïtienne, comme Louis Joseph Janvier et Joseph Anténor Firmin, qui, pourtant, esquissaient, plus ou moins, déjà, les contours non seulement de la « contre-écriture », mais aussi de ce que Francine Saillant appelle l’« anthropologie non hégémonique » (Saillant, 2011).

Pourquoi cette ignorance de l’ethnologie haïtienne par l’anthropologie critique? Qu’est-ce qui explique – par ailleurs – que les ethnologues et chercheurs haïtiens, mis à part une exception notable, Michel Rolph Trouillot, ne sont pas non plus trop enclins à se référer à l’anthropologie critique ou postmoderne ?

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