Conférence du CÉLAT-UQAM – Philippe Denis

Philippe Denis est candidat au Doctorat en Muséologie, Médiation, Patrimoine et chargé de cours à l’ÉSM.

Vendredi 23 janvier 2015 à 12h30
CÉLAT-UQAM, DC-2300, 279 rue Sainte-Catherine Est

L’absence relative de vêtements féminins du Second Empire dans les collections muséales

Exposé en 2008, dans le cadre de l’exposition Sous l’empire des crinolines, le constat quant à l’exiguïté des locaux qui empêche de disposer en grand nombre de robes du Second Empire, est l’instigateur de notre réflexion, à savoir s’il existe d’autres raisons sous-jacentes à cette réalité. Est-ce qu’une absence relative de vêtements féminins confectionnés à cette époque peut découler que de l’espace physique des réserves muséales?

Suite à des recherches historiographiques et psychosociologiques à ce sujet, nous émettons trois constats. Premièrement, il nous apparaît qu’au volume doit être ajouté la fragilité des tissus. En effet, les fibres naturelles et les tissages qui composent ces derniers n’ont pas favorisé la pérennité des vêtements. En combinant ces éléments, nous obtenons un constat qui englobe l’entièreté de la matérialité de l’objet. Comme deuxième constat, nous considérons qu’un vêtement peut s’apparenter dans la poursuite de la notion développée par Krzysztof Pomian, à un sémiophore. L’iconoclasme lorsque associé à la mode, transpose le vêtement-objet en un lieu de luttes, ne serait-ce que parce que ce dernier est le reflet des valeurs psychosociologiques de l’époque de sa création. Troisièmement, les changements survenus depuis le XVIIIe quant au statut social du couturier, de fournisseur à personnalité publique, ont modifié les perceptions que nous avions de ce personnage. Son travail devient une œuvre par la transsubstantiation de la notoriété du couturier-artiste à l’objet.

Nous concluons que l’exiguïté des réserves, si elle est un facteur important dans la réalité muséale, n’est pas que l’unique facteur expliquant cette absence relative.

Philippe Denis

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