Conférence-causerie à l’UQAM – Carole Lévesque – 3 octobre 2014

Carole Lévesque, professeure depuis 2012 à l’École de Design de l’UQAM, présentera la conférence-causerie :

Détours sur Beyrouth : Configuration d’un vague urbain

Vendredi 3 octobre à partir de 12h30 au DC-2300

Résumé :

Le réel merveilleux que présentait Alejo Carpentier en introduction à Le royaume de ce monde illustre le potentiel créatif du quotidien et propose un défi à la réalité normative : L’observation précise du laissé pour compte ouvre des brèches vers lesquelles altérer les perceptions qui nous sont généralement données à voir. Prenant des détours narratifs, les lieux du quotidien ouvrent des histoires possibles et des points de vue qui divergent de la narration principale. Dans une ligne de pensée similaire à ce que proposait Paul Ricoeur, l’observation soutenue des lieux quotidiens peut permettre la réécriture de la réalité pour machiner de nouveaux narratifs. Cette lecture du lieu commun est médiatrice de l’hétérogénéité qu’elle reconstitue dans un « acte configurant ».

À partir de Carpentier et Ricoeur et d’une réflexion sur l’identité du quotidien et du terrain vague, cette présentation propose que des zones urbaines habitées rencontrent les critères du vague et constituent une perspective critique à partir de laquelle investiguer la ville contemporaine. Ces zones, que je qualifie de vagues urbains, dans lesquels la notion de propriété est généralement obscure et les modes d’occupation imprévisibles, abritent des communautés réelles et permettent un regard pertinent, si ce n’est nécessaire, face aux grandes transformations urbaines. Issue d’une observation et d’une interaction continue de trois ans avec l’informel d’un vague urbain de Beyrouth, des rencontres, des histoires et des lieux sont d’abord traduits en textes descriptifs pour être ensuite traduits en infrastructures personnelles. La genèse de ces infrastructures démontre comment la lecture du vague urbain peut mener à l’acte configurant pour indiquer des reconfigurations urbaines possibles. Misant sur la complexité de situations trouvées, d’usages improvisés et d’histoires locales, les infrastructures personnelles explorent comment la rencontre du réel merveilleux, de l’acte configurant, du terrain vague et de l’architecture temporaire peut produire l’émergence de narratifs imprévus. Ces infrastructures, décidément ancrées dans leurs conditions sociales et physiques, sont des lieux inventés, des pièces-machines sans localisation précise qui proposent qu’à travers les banalités, à travers les situations et les communautés laissées pour compte, se cachent des relectures de nos villes et de nos manières d’habiter.

Affiche de la conférence

Ajouter cette conférence à mon agenda

Leave a comment