Conférence au CÉLAT-UQÀM – Thierry Paquot

 

 

Thierry Paquot

Professeur à l’Institut d’urbanisme de Paris

 

Mercredi, 16 mars 2016 de 17h à 19h

Pavillon SH, 200, rue Sherbrooke Ouest, salle SH 2800

 

Dans le cadre de l’organisation du Congrès de l’Association of Critical Heritage Studies  Le patrimoine, ça change quoi ? organisé à Montréal du 3 au 8 juin 2016 par la Chaire de recherche du Canada en patrimoine urbain, et ,en collaboration avec la Chaire et le Forum URBA du Département d’études urbaines et touristiques de l’UQÀM, le CÉLAT co-organise  une conférence du Pr. Thierry Paquot autour des implications des évolutions contemporaines de l’urbanisme sur le patrimoine.

Site du congrès : http://achs2016.uqam.ca/fr/

Après l’urbanisme

 

Résumé : 

L’urbanisme correspond au « moment occidental » de l’urbanisation productiviste. Répond-il encore aux façons de fabriquer des « villes » (mais sont-ce toujours des villes ?) en Asie et en Afrique et même dans les premiers pays urbanisés ? L’urbanisation planétaire à l’œuvre s’effectue simultanément à la globalisation de l’économie financiarisée, à une généralisation de la communication numérique, à une indifférenciation territoriale, à une régression programmée du salariat et à une démocratisation contrariée, le tout avec un épuisement annoncé des énergies fossiles et un réchauffement climatique devenu incontestable. Nombreux sont les « experts » et « praticiens » qui réclament une nouvelle « boite à outils ».

Après une rapide exploration du récent passé urbain de la planète, par le biais de l’approche environnementale, Thierry Paquot, s’attardera sur les nouveaux procédés qui émergent ici ou là et annoncent une sortie de l’urbanisme : mutabilité, incrémentalisme, résilience écologique, expérimentations, trajets, cas par cas, sur-mesure… Il s’agit, à partir de la « biorégion urbaine », de saisir les enjeux provoqués par les profonds changements qui affectent le monde urbain et d’y apporter des éléments de réponses. Le patrimoine, grandement tributaire du tourisme massifié, sera également affecté par ces profondes modifications, tant en ce qui concerne les déplacements et leur facture carbone que dans l’esprit patrimonial lié au recyclage des bâtiments, à la restitution des paysages, à l’exaltation des métiers et des savoir-faire condamnés par un progrès technique misant seulement sur la robotisation et l’accélération, etc. Le patrimoine s’inscrit dans l’écologie, entendue comme cheminement combinant processus, transversalité et interrelation. Tout présent contient son passé comme un trésor et mise sur son advenir comme espérance. Sortir de cette trilogie bienveillante c’est rompre avec l’harmonisation des temps. L’écologie existentielle qu’il nous faut certainement élaborer reposera sur l’entremêlement des temporalités et des territorialités de chacun. Autant dire que cette conférence souhaite davantage questionner que décrire, anticiper que prévoir, révéler qu’affirmer.

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