Axes de recherche

Le vivre-ensemble à l’épreuve de la pluralisation croissante des sociétés

Dans le but de prendre en compte le vivre-ensemble et les enjeux passés et actuels de la diversité au Québec et dans d’autres sociétés, le CÉLAT se donne comme objectifs de:

  1. clarifier et enrichir le concept de vivre-ensemble et ses univers de sens à partir d’un regard interdisciplinaire;
  2. proposer des outils conceptuels et méthodologiques novateurs associés à la combinaison de modes de connaissances diversifiés favorisant la multiplicité des regards sur les objets empiriques du vivre-ensemble;
  3. développer des stratégies comparatives sur des espaces-temps diversifiés;
  4. comprendre les contextes d’action et d’interaction, les modulations et les écarts, la centralité et les marges dans les expériences du vivre-ensemble;
  5. proposer un ensemble de moyens et d’avenues favorables à la concrétisation de formes harmonieuses de vie collective qui affirment la diversité en tant que richesse plutôt qu’en tant que problème.
Premier axe: Vivre-ensemble, reconstruction des normes et interactions dans la diversité

(Responsable: Francine Saillant, co-responsable: Khadiyatoulah Fall)

Les travaux du premier axe abordent les dynamiques du vivre-ensemble à l’aune des transformations historiques et culturelles des expériences individuelles et collectives dans le contexte de la diversité et du pluralisme. La diversité intervient à plusieurs titres : elle est entendue comme contexte (redéfinitions des cadres des nations, des schémas culturels, des groupes de références impliquant à la fois brouillages et renouvellements); elle est abordée en tant que forme concrétisée dans les normes et les interactions ainsi que dans les institutions locales, nationales et internationales. Empiriquement, le vivre-ensemble est examiné à travers les normes et les interactions de la vie sociale et culturelle favorisées ou non par les cadres politiques du pluralisme. Les interactions sont analysées sous les angles de l’interculturalité et de la transculturalité. Au sein de cet axe, se distinguent les travaux de chercheurs reliés aux sciences anthropologiques et historiques qui portent sur les enjeux actuels de la diversité au Québec, au Canada, ainsi que dans d’autres sociétés confrontées à des enjeux similaires.
L’ensemble des travaux de cet axe, permet d’explorer les enjeux du vivre-ensemble à partir de diverses catégories d’acteurs et d’expériences mettant en valeur les cadres normatifs et référentiels (selon divers chapitres tels que langue, droit, religion, mémoire) de même que ses formes d’interaction au sein de la société québécoise, mais aussi dans d’autres sociétés.

Thème 1  La société québécoise et son rapport aux minorités culturelles

Thème 2  Le droit dans des sociétés pluralistes

Thème 3  Résurgence du passé et présent du pluralisme

Deuxième axe: Les narrations de la diversité et du vivre-ensemble

(Responsable: Guy Mercier, co-responsable: Lucie K. Morisset)

Les normes et les interactions liées au pluralisme ou à son refus ne sauraient se comprendre sans leur enchâssement dans un ensemble de narrations collectives présentes dans l’espace public. C’est pourquoi le vivre-ensemble est abordé à travers les récits qui sont formulés sous la pression de conditions particulières de l’affirmation de la diversité ou de sa négation. Les récits se reflètent dans la continuité et le renouvellement (polarités et tensions, unité et fragmentation; harmonies et dissonances; modulations et résistances; transformations et médiations, pérennités et restructurations). Les récits sont anciens ou contemporains et portent sur la société tout entière ou sur des aspects précis de l’expérience individuelle et collective. Les récits existent à partir de données archivistiques, de corpus textuels et électroniques, de sites archéologiques et patrimoniaux, de collections, d’iconographies : ils reposent donc sur des assises matérielles. Les récits ne sont pas que textuels, ils sont aussi mis en œuvre dans le contexte d’œuvres architecturales, visuelles ou scientifiques. Ils sont présents dans la vie sociale, par exemple lors de créations de formes collectives de vie dans les villes ou lors de scénarisations telles que les paysages ou l’architecture. Au sein de cet axe, se croisent les travaux de chercheurs qui se consacrent à l’étude de diverses formes de récits collectifs, obtenus à partir d’archives ou d’entretiens (ex. : récits nationaux, idéologies, discours politiques, récits de mémoire et de voyage). S’ajoutent à eux un second groupe de chercheurs dont les travaux obligent la reconstruction de récits de collectivités, notamment en études urbaines et en archéologie.
La question des récits est examinée dans la programmation sous divers angles méthodologiques et disciplinaires faisant ressortir chacun à leur manière les traductions narratives des formes et des écueils du vivre-ensemble.

Thème 1  Récits historiques et actualités mémorielles

Thème 2  L’environnement naturel et bâti en tant que trame narrative et reflet de la collectivité

Thème 3  Récits en contexte colonial

Troisième axe: Mise en représentation du vivre-ensemble

(Responsable: Laurier Turgeon, co-responsable: Daniel Arsenault)

Cadres et récits du vivre-ensemble sont susceptibles de se concrétiser dans des formes de mises en représentation publiques et institutionnelles eu égard à la diversité. Dans le troisième axe, nous abordons ainsi les discours, les actions, les formes, les styles et les dynamiques socioculturelles qui permettent de donner vie au vivre-ensemble et à ses multiples manifestations par l’intermédiaire du patrimoine matériel et immatériel, cela à travers des lieux, des objets et des traces qui en sont les témoins et qui participent de l’intelligence collective. Les pratiques renvoient à des domaines variés tels que le tourisme culturel, les études urbaines et la muséologie; elles engagent aussi les processus de patrimonialisation qui sont de véritables processus de création de formes du vivre-ensemble. Dans le domaine patrimonial, les chercheurs se penchent sur des objets du passé sans se cantonner à la muséologie traditionnelle. Ils développent au sein de cet axe un ensemble de travaux sur les formes architecturales et urbaines, la culture matérielle et immatérielle, les pratiques muséales et les sites patrimoniaux. Cet axe regroupe historiens de l’art, de l’architecture, ethnologues et archéologues.

Thème 1  Le patrimoine immatériel

Thème 2  Le patrimoine matériel

Quatrième axe : Performativité du vivre-ensemble et espace public

(Responsable: Michaël La Chance, co-responsable: Philippe Dubé)

L’importance des formes sociales instituées par des interactions, des récits et des pratiques de mise en représentation ne saurait laisser dans l’ombre la place à accorder aux formes sociales qui créent par et dans l’action, à petite ou à large échelle, le devenir du vivre-ensemble. C’est pourquoi dans le quatrième axe le vivre-ensemble est abordé par ses constructions performatives au sein de l’espace public. Ces constructions sont celles qui nous situent dans les conditions de possibilités du vivre-ensemble, conditions qui se traduisent par les opportunités diverses issues du pluralisme et des grandes transformations sociales en cours, cela à travers des phénomènes comme les médias sociaux, les nouvelles technologies, les expérimentations sociales et les interventions culturelles (mises en situation) créées par les chercheurs eux-mêmes. On les retrouve dans divers secteurs tels les pratiques du numérique, les pratiques artistiques, cinématographiques et littéraires mais aussi certaines pratiques muséologiques, pratiques qui proposent chacune leurs propres figurations et refigurations du collectif et de ce fait du vivre-ensemble. Ce dernier axe permet d’accéder à différentes formes d’innovations et de combinaisons des modes de développement des connaissances et de diffusion.

Thème 1  Pratiques du vivre-ensemble, espace public et productions performatives

Thème 2  Expérimentations muséologiques et numériques du vivre-ensemble

Thème 3  Vivre-ensemble et création artistique